Je ne reparlerai pas de noeuds. Les noeuds, c'est terminé. Et le terme n'est pas approprié dans ce cas.
Mais je ne comprends pas tout. Ce "salut-ça joue ?" de Noël, cette envie soudaine d'amitié, ces attitudes. Parce que mon amitié tu ne la mérites pas du tout. Je veux des excuses, même si je n'y crois pas, je te veux à genoux en train de pleurer.
Mais qu'est-ce que tu fais ? À part me faire de la peine. Mais cette fois ce n'est pas de la peine qui me tord, c'est de la peine de déception. Qu'est-ce que tu fous ? Tu as l'air si triste. Essayant de t'accrocher à quelque chose qui ne tient pas la route. J'ai l'impression de me reconnaître un peu dans tes yeux. Une espèce de vide. Était-ce parce que tu étais plein de bière à craquer ? Non, moi je crois qu'il y avait quelque chose de vrai dans cet invisible. La tête que tu faisais quand je te disais de partir. C'était pas toi.
Tu mérites mieux (pas moi, moi je suis un luxe qu'on ne se paie plus, désormais). Tu mérites bien mieux, quelqu'un qui t'apporterait du bien, de la vie. Oui, qui t'insuflerait de la vie et te soutiendrait. Mais c'est pas le moment pour ça, tu dois d'abord faire tes propres pas dans la vie. C'est beau de s'accrocher à une bouée, c'est vrai qu'il y a quelque chose d'héroïque, un truc de survivant. Mais s'accrocher désespérement à une bouée qui se dégonfle sans arrêt, là il n'y a rien de bon. Et puis, jouer les héros c'est bien un moment, mais pas trop longtemps. Et quand on se sert d'une bouée, on évite de servir de bouée à un autre naufragé, parce qu'on coule encore plus à pic. On se sert de boulet au pied mutuellement. C'est ça que tu veux ? Continuer à essayer de garder un bout du nez à la surface le temps d'atteindre le large ? N'y a-t-il pas un moment où il ne faut penser qu'à sa gueule et espérer que l'autre s'en sortira aussi bien que soi ? Moi j'étais seule, si seule lors du naufrage. C'est pas facile au début, on se sent si seul et puis une fois qu'on a le rythme dans les nageoires eh bien on peut enfin voir la rive. Je ne pense pas qu'à deux se soit plus simple de se sauver. C'est beau de vouloir se prendre pour Dieu et vouloir faire du social qualité PMU. Mais pour réussir son coup de maître, il faut d'abord être soi-même sur le radeau, et plus pendu à la boué percée.
Wake up, putain ! Réveille-toi ! Qu'est-ce que t'as à perdre à part une chaîne ? Je ne me comprends pas parce que je tente de croire en toi, encore et toujours. On va m'appeler Mère Thérésa un jour... Non, je ne t'aiderai pas. Je ne te metterai pas de coup de pied au cul. Je te regarderai sombrer s'il le faut. Je ne jouerai pas à la girl-scout. Mais si tu me demandes, je ne te dirai pas non. Parce que malgré tout le mal que tu m'as fait, je ne peux me résoudre à vouloir t'en faire. Je ne te ferai pas de mal, mais je ne te ferai pas de bien non plus. Simplement parce que je veux bien être sympa mais je veux pas qu'on se foute de ma gueule. Et ça, toi tu ne l'as que trop fait. Ton rien-à-foutrisme proprement gerbant et dégueulasse, inconscient ou conscient. Tout cela m'est bien égal maintenant, je ne veux juste pas m'abaisser au niveau de celles et ceux que je méprise. Oui, tu as bien lu.
Je ne reviendrai pas sur ce que je dis. Je suis honnête. D'ailleurs, si tu veux qu'on soit amis (parce qu'on ne l'est pas encore), il faudra que tu t'y mettes. Si tu n'es pas prêt à faire ce pas, alors oublies, il n'y aura pas de discussions possibles, pas de concession genre "allez, un petit mensonge une fois sur deux", que dalle, si t'es pas cap', si t'as pas les couilles de dire la vérité, vas chier comme tu le dis si bien et moi je reste avec celles et ceux qui le méritent. Oui, tu lis bien. Le choix est entre tes mains. J'aimerais avoir cette discussion avec toi. Si tu lis ceci, j'aimerais que tu m'en parles, ce serait un premier pas vers une amitié sincère comme je l'entends. Sans ombres et faux-semblants. On a été si impudique par le passé, trop d'ailleurs, alors qu'est-ce qui nous empêche de communiquer ? Moi j'ai trouvé tellement cool comme tu as réagis à Today... Je n'en croyais pas mes yeux, l'espace d'un instant je me retrouvais catapultée à Pâques il y a trois ans. Eh oui, déjà...
Je m'arrête là, on se voit bientôt de toute façon. Dis-moi, parle-moi de cette amitié que tu conçois avec moi. Moi, je n'essaie pas de t'aider gratuitement, j'ai juste envie de retrouver ces discussions nourrissantes d'autrefois. C'est tout. La balle est maintenant dans ton camp...
